Anne
J’ai découvert l’atelier par le biais du Forum des Associations de Dinan.
À ton stand, j’ai été attirée par ton attitude.
Ecriture… écriture… je ne voyais pas ce que c’était : comment ? pourquoi ? où ?
J’ai trouvé que j’avais quelque chose de commun avec toi, quelque chose de similaire qui faisait que je n’avais pas peur de participer à cette nouvelle expression, j’innovais.
Je n’ai jamais à proprement parlé écrit, même l’administratif me posait problème, ça me barbait, je ne savais pas comment tourner une lettre.
Ecrire à une amie avec précision ne me posait aucun problème; écrire à partir de rien n’était pas évident pour moi.
Aujourd’hui, cela fait à peu près 4 ans que je pratique cet atelier; je n’aurais jamais pensé faire partie d’un groupe d’écriture; par méconnaissance, c’est une forme d’expression qui m’était étrangère, je m’exprimait d’une autre manière. J’ai été très étonnée de voir de quelle façon ça se déroulait et surtout de la liberté que tu nous laissais, chose que j’aime beaucoup; ce serait un problème si je ne la trouvais pas.
J’ai découvert qu’on pouvait être étonné par ce qu’on arrive à sortir de soi-même et auquel on ne s’attend pas, étonnée par les mots et l’ambiance du groupe, la façon de se comporter les uns avec les autres; c’est quelque chose de très enrichissant, nourrissant. Avec les années de pratique, cela se renforce, le contact avec le groupe est aussi important que ce qu’on écrit, ce qu’on dit, ce qu’on relit; tout ça est essentiel.
J’avais « peur d’avoir peur » au début et je me suis aperçue très vite que tout était possible, se lire devant les autres ou refuser de le faire si on en avait pas envie. Cette liberté est très agréable !
La première fois que j’ai lu mon texte, j’ai été surprise par ce que je venais de sortir car même avec les mots que l’on se donnent (inducteurs), cela reste pour moi de l’acrobatie, je ne me sers pas toujours d’eux mais je peux m’y accrocher si je n’ai rien à me mettre « sous la feuille », je reviens aux inducteurs; rarement, il peut m’arriver de ne rien écrire, alors, j’écoute les textes des autres; en lisant son texte, on découvre un peu plus de soi-mème, on se surprend.
Dans le partage des textes lus, il n’y a jamais la crainte d’être jugée, les retours sont enrichissants, porteurs, bienveillants, justes et ça c’est fabuleux; c’est un plaisir que l’on se fait, le plaisir de choisir des mots, d’avoir une petite idée qui germe l’air de rien; c’est une aventure en fait !
Chaque atelier existe par lui-même, il n’y a pas de répétition, une nouvelle « chose » vient se coucher sur le papier; à la relecture c’est très agréable parce qu’on ne pensait pas être capable de sortir « un truc pareil », quelque chose de complètement indépendant de la volonté et ça c’est très chouette.
Je lis sans arrêt, j’ai 3 ,4 bouquins en route.
Le fait de lire beaucoup ne change rien, je n’écris pas comme je lis, ça vient de beaucoup plus profond.
Arriver à l’atelier c’est venir avec ce que l’on est ici et maintenant,
Quelque fois, la fatigue de la journée, de la semaine nous accompagne et le fait de retrouver tout le monde, de prendre le temps de se retrouver, de s’exprimer permet de remettre notre compteur à zéro.
On partage nos écrits mais aussi un repas, c’est très sympa de manger ensemble, c’est une participation active, une mise en commun et en bouche, de plats et recettes diverses et variées.
On trouve beaucoup de fous rires dans notre groupe, de la complicité mais aussi le sens essentiel de l’accueil des nouveaux participant(e)s au fil de l’année.
Quand on s’en va on est toujours heureux, je n’ai jamais vu quelqu’un pas bien au moment de partir; on s’est allégé, on a pu parler aussi des choses qui nous ont parfois blessé dans la vie, ce n’est pas toujours le cas dans tous les groupes d’activité; ici on se remplit des un(e)s, des autres avant de commencer à écrire, on sait que s’ il y a un problème on peu l’exprimer.
Plusieurs fois, tu m’as remise sur les rails parce que je n’étais pas habituée à écrire, j’angoissais un peu; on se jette l’eau, dans une eau tiède avec une certaine joie. Quand on a terminé on est toujours bien, on est allé dans des profondeurs quand même l’air de rien …
Christine
J’ai rencontré les jeux d’écriture par l’ Oulipo (groupe de recherche littéraire dont l’objectif est d’ouvrir l’horizon des possibles par le biais de contraintes fortes;
l’expression à travers des jeux d’écriture).
J’ai fait des jeux d’écriture avec des amis en soirée : des cadavres exquis, on inventait des règles.
L’atelier, c’est un endroit où tout est possible !
Il y a des contraintes qui donnent de la liberté, ces même contraintes boustent l’imagination pour justement les dépasser; cela peut être un appui.
Je n’étais pas du tout « écrivaine » !
Je n’étais pas bonne en rédaction.
Pour les études, j’ai écrit des mémoires mais c’était des écrits universitaires.
Je n’écris pas chez moi mais je profite des ateliers pour le faire.
Lorsqu’on écrit en atelier, chacun a sa façon de dire les choses, de les mettre sur le papier, chacun a sa manière de faire.
Au début, c’est parfois difficile d’accepter ce qu’on écrit, on a l’impression de ne pas être satisfait de ce qu’on a fait; il faut vraiment accepter nos écrits, sans les juger, les entendre…
On partage avec les autres : on écoute les différents textes, c’est un moment d’émotions, il y a ce que nous avons lu et ce que les autres ont entendu; c’est quelque chose qui apporte énormément confiance en soi; on ne dit pas : « c’est bien: » mais ça m’a fait penser à … ça m’a emmené … j’ai été transporté … j’ai eu le sentiment, la sensation de …
Ce qui est important aussi ce sont les règles que nous nous donnons, qu’on suggèrent et qu’on créent ensemble, ce n‘est pas imposé; on s’offre des mots car cela peut être difficile de commencer à écrire à partir de rien puis, riche de ce capital mot dont on se servira ou pas, on écrit un texte, un récit, une histoire, quelque chose de poétique … c’est selon sont état d’être du moment … les ateliers sont colorés et n’ont jamais les mêmes couleurs !
On est souvent surpris par ce que l’on a écrit, ça c’est amusant … des choses qui sortent comme ça !
L’échange est extrêmement important, c’est ça qui fait le lien, le liant comme une mayonnaise qui prend.
J’ai franchi le seuil de la porte qui mène à l’atelier en laissant un peu d’angoisse derrière moi.
Je me suis vite senti rassurée, cocoonnée; le cadre de l’atelier est rassurant, enveloppant; c’est un endroit où l’on se sent protégé du regard des autres, nous sommes entre nous, c’est là, ici et maintenant, c’est aussi très éphémère.
L’atelier terminé, chacun reprend le cour de sa vie
On a déposé quelque chose qui permet la mise à distance, ce qui fait du bien.
Les 3 heures d’atelier permettent de nous laisser le temps de « s’accueillir », « se mettre en écriture », échanger après lecture d’un texte.
Aussi, le petit moment de restauration est très convivial, on partage de quoi manger, boire.
On termine par un dernier moment d’écriture avant de repartir avec « tout ça » !
Corinne
Cela fait 8 ans que je participe aux ateliers d’écriture.
J’écris depuis mes 12 ans; j’écrivais un journal intime qui s’est perdu dans les déménagements, je n’ai plus rien mais … je me souviens, vers 14 ans j’écrivais mes journées avec mes copines et parfois je ne dormais pas, j’écrivais, à 2 heure du matin je me sentais vidée et m’endormais. J’écrivais sur des feuilles blanches avec mon stylo plume, j’adorais écrire avec un « plume », j’en avais plein les doigts, d’ailleurs, sur mon majeur, j’ai la bosse de l’écriture !
Ma rencontre avec « POTAPOTA » s’est faite lors d’une soirée durant laquelle l’atelier de dessin/poterie auquel je participait, ouvrait ses portes à l’écriture.
J’étais très inquiète, je n’étais pas à l’aise, j’avais très envie d’écrire mais je n’avais pas du tout de style ou quoi que ce soit …
Je me souviens de ces 3 mots que tu m’as dit : « Lis-tes-ratures »
Au début, j’étais dans le jugement de mes textes, une auto-flagellation : « c’est nul, c’est bisounours, j’ai fait plein de ratures: » alors tu m’as dis : » et bien lis-tes-ratures pour « littérature », j’avais adoré ! Ça m’a apaisé, je me suis autorisée enfin, cela m’a donné confiance. Ce temps d’écriture était très chaleureux, je me suis sentie dans un cocon avec beaucoup de bienveillance, d’émotions, très amical, j’étais bien alors que c’était ma première participation.
Dans cet atelier, la qualité d’accueil des textes est essentiel, on ne te dit pas : » tu aurais du écrire comme ça, là ça ne va pas, tes tournures de phrases … : » ;
On apprend en observant l’aisance avec laquelle certains participants écrivent, par la lecture des textes. La fréquentation régulière le l’atelier est importante, on maintien l’élan qui entraine; moi j’ai besoin d’élargir mon champ sémantique.
Si les inducteurs d’écriture ne nous conviennent pas, ne nous inspire pas et bien nous pouvons commencer un texte en écrivant par exemple : « je ne sais pas quoi écrire … : », c’est génial car cela ne t’enlève pas le plaisir d’écrire sinon t’as une barre au ventre. : « je ne sais pas quoi écrire … : » suffit à partager et s’inscrire toujours dans le groupe.
Ce qui est assez étonnant, c’est que cette envie d’écrire je l’ai tout le temps mais lorsque je suis à la maison je n’y arrive pas. Je pense que c’est l’atmosphère, l’ambiance, le plaisir de se retrouver, il n’y a pas de doute !
On accepte d’affirmer son univers à travers nos textes.
On parle de « travail d’écriture », oui, ce qui permet de « progresser » mais pour moi, c’est trop de pression, il ne faut pas que ce soit assimilé à du travail mais à du plaisir avant tout.
Je trouve cet exercice extraordinaire, cette capacité qu’a notre cerveau à délivrer tout un tas d’idées, d’images, d’histoires alors que 5 minutes avant on ignorait totalement ce que l’on allait écrire; parfois un mot, une association de 2 ou 3 mots…
C’est une forme de liberté que j’adore !
Parfois on constate des connexions entre des textes.
Pour moi, le temps de l’atelier est intense mais c’est aussi une grande respiration comme une bouffée d’air renouvelé, on a nettoyé quelque chose; pendant 3h on a pensé à rien d’autre.